Bien tenir une guimbarde
Voici les principales conditions pour obtenir un son net sur une guimbarde dont le cadre est souple et les jeux entre la languette et les branches du cadre sont étroits.
Certains débutants sont rebutés par les claquements métalliques qui apparaissent avec certaines guimbardes. La tension excessive des petits muscles de la main et des lèvres peut aussi les inquiéter. On pense alors « je tape contre mes dents » ou « l’instrument est défectueux ». Pourtant, la languette touche souvent les branches du cadre parce que le joueur les comprime lui-même. Les instruments aux jeux très fins et au cadre souple y sont particulièrement sensibles. Les jeux comptent parmi les facteurs de qualité : plus ils sont étroits, plus le son peut être puissant et son spectre étendu.
Certains débutants se tournent aussitôt vers des guimbardes aux jeux plus larges ou au cadre plus rigide. Ils prennent alors l’habitude de les serrer de toutes leurs forces, ce qui rend ensuite très difficile l’exploration d’instruments plus variés et l’amélioration du son. Or les qualités acoustiques des guimbardes ont beaucoup progressé ces dernières années : les jeux se réduisent, et le plaisir de jouer sur des instruments aboutis peut être remarquable. Les habitudes acquises sur des guimbardes souvenirs autrichiennes ou de l’Altaï ne facilitent pas cette transition.
Quelques règles simples permettent pourtant de supprimer ces contacts parasites et de jouer plus détendu, sans effort inutile, avec un son net et facile à produire.
1. La prise
La main qui tient l’instrument ne doit exercer aucune force qui rapproche les branches du cadre. Imaginez que vous le maintenez entre deux petites planchettes plates, sans l’enfermer dans un poing formant un tube ou un anneau. La prise constitue la base d’un son propre.

Figures 2 à 7. Exemples de prises incorrectes : les doigts compriment le cadre par le haut et par le bas.


2. L’appui sur les dents
Il ne faut appuyer la guimbarde ni trop fort ni trop faiblement. La bonne pression se trouve assez facilement par l’expérience : le cadre doit rester bien en contact avec les dents, sans s’en détacher lorsque la languette vibre.
3. La pression des lèvres
On ne remarque souvent leur action qu’en se regardant dans un miroir. Lors des premiers essais, toute l’attention se porte sur la main et sur la tenue, tandis que les lèvres agissent de leur côté. Ouvrez-les volontairement pour qu’elles ne touchent plus les branches du cadre et assurez-vous qu’elles ne perturbent pas le jeu. Refermez-les ensuite progressivement autour de l’instrument pour augmenter le volume sonore, sans serrer !
4. Les mouvements de la mâchoire inférieure
C’est l’une des causes de claquement les plus discrètes et les moins évidentes au début. Elle apparaît pendant une articulation énergique, dans l’enthousiasme, un peu comme lorsqu’on élève la voix. Gardez un visage impassible !
5. La précision de la frappe
Une frappe oblique peut aussi faire dévier la languette pendant ses oscillations et provoquer un contact avec le cadre. Au moment où le doigt touche l’extrémité de la languette, sa trajectoire doit être strictement perpendiculaire au plan du cadre. Ne tirez pas le coude dans le sens de la longueur, comme pour l’arracher à sa fixation, et ne le sollicitez pas non plus de travers, par un mouvement de haut en bas ou de bas en haut.
Nous espérons que ces conseils vous permettront de profiter pleinement des guimbardes très sensibles et de vous concentrer sur la musique plutôt que de devoir « arracher le son » à l’instrument.





